Kalaban-Coura : C. O. S. suspecté d’avoir tué sa femme enceinte

Les faits se sont déroulés dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 juillet dernier, à Kalaban-Coura, en commune V du district de Bamako. Alors qu’elle était enceinte de huit mois, la victime, nommée Fatoumata Bouaré, ne souffrait d’aucune maladie grave le soir où elle a passé la nuit  avec son époux. La malheureuse s’est curieusement retrouvée morte tôt ce lundi matin.

De son vrai nom Fatoumata Bouaré, la victime était connue sous l’appellation Tata. Elle était mariée et mère d’enfants. Selon les témoins, Tata était enceinte et portait une grossesse de jumeaux, au moment où elle est décédée. Dès l’annonce de la triste nouvelle, les voisines ont manifesté pour réclamer justice pour la dame, morte dans des conditions floues. Tata réussissait à subvenir à ses besoins par la vente d’arachide au bord du goudron, même en état de grossesse. Selon le témoignage de Kassim Bouaré, père biologique de la victime, l’époux, Cheick Oumar Sangaré, est un ressortissant de Bougouni. L’homme n’avait visiblement aucun problème au début du mariage. Il se comportait très bien. Mais deux ans après le mariage, « nous avons constaté qu’il la frappait ». A peine huit (8) mois avant cette forfaiture, l’époux de Tata avait pourtant  saisi Kassim Bouaré (père de Tata) pour lui faire part d’une bonne nouvelle. « M. Sangaré est venu jusque chez moi pour dire qu’il a été faire la consultation avec Tata. Il m’a expliqué que les médecins lui ont annoncé que Tata porte une grossesse de jumeaux. Cela est fait il y a environ huit (8) mois de cela », témoigne le père Kassim. Lors d’une consultation que Tata avait récemment faite,  les médecins lui avaient recommandé d’arrêter tous les mouvements et d’éviter de trop parler avec les gens, compte tenu de son état. Tata et son époux résidaient au troisième étage d’une maison. Les médecins lui avaient recommandé d’éviter de descendre de l’étage deux (2) fois par jour, selon le père Kassim Bouaré. Vu la situation, la belle-famille a mis une aide-ménagère et une autre fille à la disposition de Tata, pour la vente de ses arachides et les travaux de la maison. Poursuivant ses explications, Kassim dit être surpris d’un appel téléphonique de son beau-fils, Cheick Oumar Sangaré, un maçon de son état. «Le lundi, j’ai été appelé aux environs de 3h par Cheick Oumar. Il me disait qu’il est cours de route pour venir dans ma maison. A son arrivée, Sangaré a tapé à ma porte à plusieurs reprises. Je ne lui ai pas ouvert la porte, puisqu’il faisait tard. C’est de là qu’il s’est adressé à la famille d’un voisin à côté. Là-bas, il disait que Tata est malade et qu’il se prépare pour aller avec elle à l’hôpital. Il a chargé mon voisin de me transmettre le message dès le matin », explique le père. Et d’ajouter : « Le matin, aux environs de 6h, j’ai pris mon téléphone pour appeler Cheick Oumar. Il m’a répondu en me disant qu’ils sont en train de chercher un endroit pour hospitaliser Tata. Entre-temps, l’une de mes filles qui travaille à côté de la maison de Cheick Oumar m’a appelé pour dire que Sangaré a tué Tata et qu’il est en train de se promener avec son corps entre les hôpitaux. C’est là que j’ai appris le décès de ma fille ». Automatiquement, Kassim Bouaré dit être parti chez les voisins de son beau-fils pour en savoir plus sur l’histoire. Là-bas, dit-il, « j’ai échangé avec les voisins qui m’ont dit que Tata n’avait rien lorsqu’elle se couchait dans la nuit du dimanche au lundi. Sangaré a tenu deux versions différentes. Il m’avait dit qu’il est à l’hôpital avec sa femme malade ; il avait aussi appelé son propre père pour dire qu’il a tenté d’appeler Tata pour qu’elle allaite l’enfant et qu’il a trouvé qu’elle était déjà décédée dans la chambre ». Vu le doute dans les propos de Cheick Oumar, la belle-famille et d’autres témoins se sont rendus à l’hôpital Gabriel Touré pour constatation du corps. « Les gens ont trouvé qu’il y avait de blessures sur le visage et au niveau de la gorge de la défunte. Aussi, il y avait du sang sur son vêtement. Cheick Oumar a été interpellé et mis à la disposition du commissariat de police du 11ème arrondissement de Bamako », conclut le père qui demande justice pour sa fille. Contactée par nos soins, une source policière confirme que la triste nouvelle a été confiée aux éléments du 11ème arrondissement. À Kalaban-Coura, des femmes se sont rassemblées pour demander justice pour la défunte.

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