Soudan : une femme condamnée à mort par lapidation pour adultère

Maryam Alsyed Tiyrab, 20 ans, a été condamnée à la peine de mort par lapidation pour adultère par un tribunal de l’État du Nil Blanc, dans le sud du pays. Le dernier jugement de ce type datait de 2013 et avait été invalidé par la Cour suprême soudanaise

La jeune femme affirme qu’elle fera appel de la décision. La majorité des condamnations à la lapidation, qui concernent principalement des femmes, sont annulées par la Haute Cour.

Les militants s’inquiètent de ce que cette sentence soit le signe que le coup d’État militaire d’octobre a enhardi les législateurs à revenir sur les petites avancées en matière de droits des femmes obtenues sous le gouvernement de transition du pays.

L’African Center for Justice and Peace Studies (ACJPS), basé en Ouganda, a déclaré que la sentence est une violation de droit national et international et a appelé à la « libération immédiate et inconditionnelle » de Tiyrab.

Le centre a déclaré que la femme n’a pas bénéficié d’un procès équitable et n’a pas été avertie que les informations qu’elle a données pendant l’interrogatoire seraient utilisées contre elle. Tiyrab n’a pas non plus été représentée par un avocat.

« L’application de la peine de mort par lapidation pour le crime d’adultère constitue une grave violation du droit international, notamment du droit à la vie et de l’interdiction de la torture et des peines ou traitement cruel, inhumain ou dégradant », a déclaré le centre.

En 2020, le gouvernement de transition du Soudan a annoncé des réformes de certaines de ses lois pénales et politiques de la charia les plus dures. Les réformes n’incluaient pas la lapidation, mais en août, le pays a ratifié la convention de l’ONU contre la torture. L’ACJPS a déclaré que la lapidation était une forme de torture sanctionnée par l’État et était en violation des obligations du pays en matière de droits de l’homme.

RD

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