Dakhla : Le Maroc prend le lead de la lutte contre la compromission de l’avenir des enfants

La problématique d’un avenir meilleur pour les enfants préoccupe plus dans le monde entier. Face à cet enjeu, le Maroc a doté le continent africain de son premier Centre International de la Recherche sur la Prévention des Enfants Soldats, avec pour missions la sensibilisation et la mise en œuvre des solutions fondées sur l’action pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats. Grâce aux recherches académiques, aux partenariats, aux collaborations et à l’engagement direct dans des programmes holistiques, en développant et en déployant des stratégies pour combattre toutes les formes d’embrigadement de cette frange de la société.

L’édifice situé à Dakhla au sud du Maroc a été inauguré, le jeudi 31 mars dernier, par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita en compagnie des chefs de diplomatie des Comores, de la Gambie et de la Secrétaire d’Etat à la coopération internationale de la Guinée Bissau ainsi que du président directeur général dudit Centre, Abdelkader Filali,  du Wali de la région de Dakhla-Oued Eddahab, gouverneur de la province d’Oued Eddahab, Lamine Benomar, de l’ambassadeur, directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), Mohamed Methqal et des élus, ainsi que des consuls et consuls généraux de plusieurs pays africains à Dakhla.

Le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale et des Gambiens résidant à l’étranger, Mamadou Tangara, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l’Union des Comores, chargé de la diaspora et de la francophonie, Dhoihir Dhoulkamal, le ministre adjoint des affaires étrangères de la Somalie, Mahmoud Abdi Hassan et la secrétaire d’Etat de la coopération internationale de la Guinée-Bissau, Udé Fati, ont également pris part à cette cérémonie d’ouverture.

Ce centre permettra de combler certainement les lacunes dans la prévention et la lutte contre le phénomène des enfants soldats.

Un programme pilote sur trois ans est lancé par cette initiative multidisciplinaire qui s’attaque à l’exploitation et à l’utilisation d’enfants soldats dans les conflits armés en mettant en place un système et des solutions innovantes capables de traiter de manière efficace, efficiente et équitable les cas de recrutement d’enfants soldats et des non référencés, de protéger les victimes, et aux causes profondes de cette exploitation.

Le Centre se penchera aussi sur des recherches portant sur le continent africain où des milliers d’enfants passent leur jeunesse dans des systèmes de violence faisant d’eux des vecteurs et violence et de terrorisme plutôt que des citoyens capables de construire une paix durable. Et, malheureusement, l’on dénombre aujourd’hui à travers le monde près de 75% des enfants dans les conflits et 460 millions d’entre eux vivent dans des zones de conflits. « Cette structure sera dotée de mécanismes de plaidoyer international auprès des organisations des Nations unies dans les différents forums, et ce en collaboration avec la société civile dans le monde entier et les instances civiles œuvrant dans ce domaine. A cet effet, il dispose de cadres, d’académiciens et d’universitaires qui seront dotés de mécanismes de contrôle et de suivi des diverses violations dans les zones de conflit à travers le monde », a fait savoir M. Filali, président directeur général dudit Centre, et par ailleurs professeur à l’Université d’Ottawa. 

Dans le Sahara, le polisario fait office d’acteur majeur d’embrigadement des enfants en Afrique. Cette présence macabre des enfants a été aussi observée le 15 janvier 2021 à Tindouf par l’Envoyé du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, M. Staffan De Mistura.

Engagé dans un conflit artificiel depuis des années, le front polisario soutenu par l’Algérie utilise les enfants comme des soldats dans ses rangs, en piétinant toutes les conventions et traités internationaux, dont la Charte des Nations Unis, la Charte des Droits de l’Homme, les Pactes internationaux du droit politique, économique et sociale, la Convention sur les Droits de l’Enfant de 1989, les principes de Vancouver, les principes de Paris et la Résolution 2602 du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Le polisario encouragé par l’Algérie, dans les camps de Tindouf, alimente l’instabilité en Afrique du Nord et dans le Sahel. Le ministre a mis l’accent sur la corrélation entre l’absence de gestion des camps de Tindouf et le recrutement d’enfants-soldats, notant que le pays-hôte doit assumer la plénitude de sa responsabilité internationale imprescriptible, notamment au regard de la sécurité et de la protection des enfants vivant sur son territoire.  L’endoctrinement et l’enrôlement des enfants par les milices armées du « polisario » constituent un crime inhumain, et un déni des droits élémentaires des enfants embrigadés, ainsi qu’une violation flagrante des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité en la matière  » a dénoncé le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de la conférence inaugurale en indiquant que le choix de Dakhla pour abriter le Centre international de recherches sur la prévention des enfants soldats est une reconnaissance du rôle du Maroc en tant que pourvoyeur de paix, de sécurité et de stabilité.

Ainsi, le Maroc souhaite apporter sa pierre à l’édifice, en contribuant au débat par la formulation de propositions concrètes à la faveur du continuum sécurité-développement et la coordination des efforts de la communauté internationale, selon une approche plurielle, à la fois globale et locale, académique et politique, théorique et pratique, alliant lutte et prévention.

Par ailleurs, le Maroc appelle à mettre fin à l’impunité des personnes responsables du recrutement et de l’utilisation criminelle d’enfants et d’autres violations graves, en soutenant la surveillance et la communication systématiques par les Nations Unies des violations des droits de l’enfant dans les conflits.

Il faut rappeler que le Royaume du Maroc participe depuis 1960 aux missions de maintien de la paix sur tous les continents et figure parmi les 11 premiers pays contributeurs en casques bleus dans le monde, avec 1702 casques bleus déployés en Afrique (MINUSCA, MONUSCO et UNMISS). 

Adama Bakayoko

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