Qods et Marioupol : le deux poids, deux mesures de la communauté internationale

Depuis le 24 Octobre 1945, les relations internationales sont régies par une convention internationale. Cette convention, c’est la charte des Nations unies adoptée le 26 juin 1945 à San Francisco par 50 Etats et qui verra plus tard l’adhésion de tous les pays du monde entier. La charte de l’ONU établit des principes censés régir les relations entre Etats. Il s’agit entre autres de l’égalité souveraine des Etats, du règlement pacifique des différends entre Etats et la proscription de tout recours à la violence, du respect de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des Etats, de l’autodétermination des peuples et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures des Etats, etc.

C’est donc à juste titre que la communauté internationale s’émeut de ce qu’il se passe en Ukraine qui est aujourd’hui la cible d’une invasion russe. Il ne se passe pas de jour sans que les images des atrocités commises par les forces russes ne soient diffusées et présentées au grand public. Aujourd’hui Marioupol, ville portuaire et industrielle située au sud-est de l’Ukraine, a été érigé en symbole de résistance à l’oppression et l’injustice, à la limite de la théâtralisation. Les organisations de défense des droits de l’homme se mobilisent pour dénoncer les violations et autres transgressions de l’armée russe.

 Les Etats européens, membres de l’union européenne ou pas, adoptent des batteries de sanctions en vue de contraindre, selon leurs propres termes, l’agresseur russe à mettre fin à son offensive. Les Etats-Unis, “gendarme du monde”, assume pleinement leur rôle. Livraisons d’armes, embargo économique sur certains produits russes, sanctions individuelles contre des personnalités russes de premier rang, etc., sont des mesures que le gouvernement américain n’a pas hésité à prendre. Dans la foulée, l’occident, comme un seul homme exerce des pressions sur la chine à titre préventif en vue d’annihiler en elle toute velléité de soutenir directement ou indirectement la Russie dans ce conflit.

Même le monde du sport n’est pas resté indifférent dans à la situation. Le cas Roman Abramovitch n’est-il pas un exemple édifiant ?

 Toute cette mobilisation et cet activisme de la communauté internationale en faveur de l’Ukraine se font au nom du principe de l’inviolabilité de la souveraineté et du respect de l’intégrité territoriale des Etats et du droit des peuples à s’autodéterminer. Toute chose qui, à première vue témoigne de l’attachement de la communauté internationale aux principes établis par la charte des Nations Unies.

Cependant, à y voir de plus près, on se rendra vite compte que la réaction de cette même communauté internationale en face des violations du droit international est à géométrie variable, d’où l’on pourrait douter de sa sincérité. En effet, pendant qu’on s’émeut de ce qu’il se passe en Ukraine, on feint de ne pas voir ce qu’il se passe ailleurs et le cas du peuple martyr palestinien est là pour nous interpeller. 

Voici un peuple qui depuis environ 74 ans subit continuellement les assauts meurtriers d’une armée étrangère, spoliant ses terres, bafouant sa dignité et troublant sa tranquillité. Depuis 74 ans bombardement et déflagration d’armes lourdes et légères font partie du quotidien des palestiniens si bien, même pour le plus citoyen palestinien le plus nanti, la sécurité est un luxe qu’il ne peut se payer.

A tout moment un obus pourrait atterrir sur le toit d’une maison anéantissant tous ses habitants. En ce siècle, le terme colonie rime avec Golan, Jérusalem Est, Cisjordanie, ces territoires palestiniens annexés depuis 1950. Les incursions inopinées des forces étrangères dans des domiciles de civils palestiniens sont monnaie courante. La liste des violations non seulement des principes fondamentaux du Droit international mais aussi des droits humains est si longue qu’il serait difficile d’en dresser une liste exhaustive.

Face à toutes ces violations, que fait la communauté internationale, cette communauté qui se montre si soucieuse du respect du droit international en Ukraine ? 

Au mieux, ce sont de simples déclarations, à la limite de timides « interpellations » de l’Etat hébreux qui nous sont servies. Des sanctions contre l’agresseur en vue de le contraindre à respecter les droits des palestiniens ? Inimaginable !

Bien au contraire, le tapis rouge est déroulé lors de visites officielles à grande pompe des autorités de cet Etat agresseur dans des Etats dits démocratiques et qui s’érigent en donneurs de leçon en matière de respect du Droit international et des droits humains.

C’est donc le lieu d’interpeller toutes les personnes éprises de justice, quel que soit leurs origines ou leur appartenance religieuse, idéologique ou politique, à s’intéresser non seulement à la question palestinienne, mais aussi à toute forme d’injustice quel que soit l’endroit où elle prend forme et de défendre selon leur capacité l’opprimé, qui qu’il soit en face de l’oppresseur, qui qu’il soit. Martin Luther King ne disait-il pas ceci : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier » ?

La cause palestinienne, loin d’être une cause strictement religieuse ou raciale, est une cause humanitaire qui met à l’épreuve notre humanisme. Alors les humanistes de tous bords, ceux même qui croient que la justice et l’injustice n’ont ni race, ni religion, ni nationalité, ni ethnie, où êtes-vous ?

Timité Mohamed

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