La Côte d’Ivoire abrite une réflexion stratégique sur le dialogue intercommunautaire

Grand-Bassam, Côte d’Ivoire (TNA) Une réflexion stratégique sur le dialogue intercommunautaire s’est ouverte, mercredi à Grand-Bassam, dans le Sud-Est d’Abidjan à l’initiative du ministère ivoirien de la Réconciliation et de la cohésion nationale avec l’appui du Centre Suisse pour le dialogue humanitaire.

Du 16 au 18 mars 2022, la cinquantaine de participants débattra du thème, «Dialogue intercommunautaire, outil de renforcement de la réconciliation, de la cohésion nationale et de la paix» pour aborder les enjeux liés à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.

« La réflexion précède l’action », a déclaré dans une allocution d’ouverture, le ministre de la Réconciliation et de la cohésion nationale, Bertin Konan Kouadio dit KKB pour justifier cet atelier de réflexion qui vise à traduire concrètement la politique du gouvernement ivoirien en matière de renforcement de la paix.

Poursuivant, le ministre KKB a relevé les défis liés au dialogue entre communautés en Côte d’Ivoire, tout en espérant que les travaux de Grand-Bassam permettent de déterminer des actions concrètes pour le succès du futur dialogue intercommunautaire dans le cadre du processus de réconciliation et de la cohésion nationale.

« De vos travaux dépendra, en partie, la réussite de la séquence à venir du dialogue intercommunautaire dans nos régions. », a lancé le ministre de la Réconciliation et de la cohésion nationale aux participants constitués notamment du corps préfectoral, de la société civile, de chefs traditionnels et religieux «pour conduire une réflexion profonde et exigeante (…) ».

« Nous devons construire des ponts entre les femmes et les hommes, ériger des digues pour arrêter les torrents de haine qui nous conduisent aux affrontements les plus sordides, dresser des barrières infranchissables contre les préjugés, les stéréotypes et les caricatures avilissantes », a poursuivi le ministre KKB.

Pour lui, «nous devons être des agents de transformation des mentalités pour que la nécessité du développement triomphe des causes qui nous perdent sans cesse et nous conduisent vers l’abime ».

«Réfléchissez, produisez pour que demain, à l’échelle de notre pays, nous ne formions qu’un : un seul destin, une même histoire, une seule Nation» a-t-il ajouté, se félicitant que «cet atelier est le fruit d’une étroite collaboration du ministère de la Réconciliation et de la cohésion nationale avec le Centre pour le dialogue humanitaire, une Fondation de droit privé suisse».

Auparavant, le directeur Afrique francophone du Centre Suisse pour le dialogue, Alexandre Liebesking a précisé que son organisation «ne vient point avec une solution magique » en Côte d’Ivoire, mais avec une « approche locale qui s’inspire des réalités du terrain ».

Dans la foulée,  il a rappelé les facteurs récurrents qui menacent la cohésion sociale en Afrique de l’ouest. Il s’agit de la problématique foncière, des conflits entre agriculteurs et éleveurs, et de la question minière.

« Ce rendez-vous de dialogue augure de riches débats », a-t-il ajouté, invitant les participants à avoir « un principe de base », c’est-à-dire « la conscience de l’essentiel qui est la Côte d’Ivoire ». « Notre véritable ennemi est la misère, l’ignorance (…) » a conclu Alexandre Liebesking.

Le Centre pour le dialogue humanitaire (HD), une Fondation de droit privé suisse. C’est une organisation non gouvernementale de diplomatie privée dédiée à la médiation. Aujourd’hui, elle est engagée dans plusieurs processus de paix à travers le monde. En Afrique francophone, les activités du Centre pour le dialogue humanitaire se déroulent dans les pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad), au Togo, au Cameroun, en République Centrafricaine et au Burundi.

L’Etat de Côte d’Ivoire envisage de bâtir un «Ivoirien nouveau» pour sortir définitivement le pays des années de conflits qui ont été marquées par une rupture des équilibres politiques, le délitement du tissu social et la destruction des infrastructures économiques.

En outre, les pertes en vies humaines ont profondément ébranlé l’unité nationale et entamé la cohésion sociale. Il en résulte le développement du repli communautaire qui alimente les tensions au sein des communautés et entre les communautés.

Le passif des violences qui ont secoué le pays constitue une douloureuse et traumatisante expérience, à partir de laquelle doit se bâtir l’avenir de la Côte d’Ivoire qui était un symbole de tolérance.

Pour gagner ce pari, le ministère de la Réconciliation et de la cohésion nationale estime qu’il est indispensable de gérer objectivement les ressentis dans le présent afin d’offrir, pour le futur, des raisons de célébrer de nouveau le vivre-ensemble.

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