Côte d’Ivoire : 224 millions d’euros de la BAD et du Japon pour renforcer la sécurité alimentaire

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a accordé, à la Côte d’Ivoire, le 15 juillet 2022, un prêt de 151,18 millions d’euros pour mettre en œuvre le Programme de production alimentaire d’urgence.

Le programme bénéficie aussi de l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui y contribue à hauteur de 68,14 millions d’euros. Ces financements vont permettre à la Côte d’Ivoire d’augmenter sa production nationale de riz, de maïs et de manioc et, partant, de faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires.

Le programme va fortement soutenir le secteur essentiel de l’acquisition et de la distribution des intrants agricoles (engrais et semences certifiées), au profit des producteurs les plus vulnérables. Objectifs : produire davantage de denrées alimentaires, pour renforcer la souveraineté alimentaire et réduire ainsi la forte dépendance de la Côte d’Ivoire vis-à-vis des importations.

« Les conséquences de la guerre en Ukraine touchent de plein fouet les ménages les plus vulnérables de la Côte d’Ivoire, en raison de la flambée des prix des produits de première nécessité comme les céréales et le carburant », explique Marie-Laure Akin-Olugbade, directrice générale du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest.

« L’augmentation des prix des engrais va fragiliser davantage les petits exploitants agricoles en milieu rural, réduire leurs revenus et les exposer à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté », ajoute-elle.

Marie-Laure Akin-Olugbade a précisé que plusieurs actions d’ampleur sont sur la rampe de lancement, à l’instar du Programme national d’inclusion sociale de la Côte d’Ivoire, du Projet de pôle agro-industriel dans la région du Bélier, du Projet de renforcement des moyens de subsistance des petits exploitants et des femmes dans la région du N’zi et du Projet de pôle agro-industriel du Nord, tous sur financement ou cofinancement du Groupe de la Banque.

Le programme, qui couvre la saison agricole en cours et celle de l’an prochain, va permettre d’acquérir, auprès d’entreprises semencières ivoiriennes, 2 279 tonnes de semences certifiées de maïs, 3 539 tonnes de semences certifiées de riz et 134 449 792 boutures de manioc, au profit des exploitants agricoles.

De même, il va renforcer le mécanisme d’accès des petits exploitants au financement, en vue de leur faciliter l’accès aux engrais. Ainsi, 56 096 tonnes d’engrais de type NPK (azote, phosphore, potassium) et 28 048 tonnes d’urée seront mis à la disposition des producteurs. 

Le programme prévoit aussi de numériser les systèmes de distribution afin d’en garantir la traçabilité et la transparence. Plus de 800 000 petits exploitants agricoles, dont au moins 30 % de femmes recevront ainsi des semences certifiées de variétés résilientes au changement climatique, à haut rendement et riches en nutriments de qualité. 

L’objectif est d’ensemencer près de 250 000 hectares de terres additionnelles pour produire davantage. « Ces efforts vont permettre de générer une production additionnelle de 546 987 tonnes de maïs, 796 323 tonnes de riz, ce qui représente environ 20 % des importations du pays, mais aussi 1 008 373 tonnes de tubercules de manioc », a précisé Martin Fregene, directeur de l’Agriculture et de l’Agro-industrie à la Banque africaine de développement.

Pour ce faire, les producteurs vont bénéficier de technologies mises à leur disposition par le Programme de technologies pour la transformation agricole en Afrique (TAAT, acronyme en anglais), et d’un encadrement technique d’accès à l’information et d’alertes agro-climatiques, avec le soutien du Centre national de recherche agronomique et de l’Agence nationale d’appui au développement rural.

Afin de faire face aux répercussions de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sur les prix des denrées alimentaires, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a autorisé, le 20 mai dernier, la mise en place de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, dotée de 1,5 milliard de dollars.

Cette facilité vise à fournir des semences de qualité (blé, riz, maïs et soja), des engrais et d’autres services d’appui à quelque 20 millions de producteurs à travers l’Afrique. Objectifs : produire 38 millions de tonnes de nourriture supplémentaires dans les deux années à venir, pour une valeur de 12 milliards de dollars.

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